ma carrière avortée de sandwich-makeuse (chloé)

04/10/2010 - Pays : Australie - Imprimer ce message

MA CARRIÈRE AVORTÉE DE "SANDWICH-MAKEUSE"

Parlons en d’ailleurs de ma carrière balbutiante de sandwich-maker qui m’a donné une belle leçon d’humilité, ceux qui me connaissent savent que je n’ai jamais été d’une habileté folle avec mes mains, de plus, les subtilités du sandwich australien me laisse, et encore à ce jour, d’une incrédulité perplexe : Lorsqu’on vous commande un sandwich au taboulé, auriez vous fait répétez le client ?

Dans la même veine j’ai appris par exemple que :

-          Lorsqu’on vous demande de la salade, ce n’est pas de la simple laitue, mais un mélange de tomate, laitue, carotte, concombre…

-          Il faut toujours beurrer les sandwiches, même si on rajoute de la mayo

-          Les sandwiches se coupent toujours en deux afin de faciliter la prise en main

Le plus souvent ce n’était donc pas mes oreilles qui me faisaient défaut mais bel et bien le manque de savoir culturel, les boissons d’ici (Big M, V), les différents pains (white bread, multigrain, brown, foccacia), sans compter l’obsession étrange des australiens pour le café, avec 8 sortes de déclinaisons différentes (cappuccino, flat white, latte, skinny latte, chai latte..)

De sorte que, même si je ne me débrouillais pas trop mal, j’étais deux fois plus lente que l’écossaise qui voyait en moi une rivale pour le job et ne loupait pas un moment pour raconter mes bévues au manager.

Par conséquent, et aussi soi-disant à cause d’une baisse de la fréquentation, je fus reléguée à un part-time job qui consistait à couper tous les matins jusqu’à 11h à l’aide d’une machine terrifiante, des montagnes de fromages, des monceaux de légumes, des bacs entiers de jambons, de poulet, de dinde et de b½uf, et à une occasion la moitié d’un de mes ongles, autant dire que je ne mangeais rien au réveil à cause des hauts le c½ur que me procuraient tout cet étalage de graisse et d’odeur.

Voyant que j’y mettais du mien et en récompense de ma ténacité, on me promit une future place à temps complet au buffet chaud en remplacement du seul gars sympa qui partait en vacances. Servir des plats chauds et encaisser était bien plus facile et je ne fis aucune erreur, simplement la fréquentation était vraiment en baisse, un après-midi, je n’eus à servir que 5 personnes.

Ce qui devait arriver arriva, depuis mon arrivée il y avait moins de clients, ils devaient inconsciemment m’en rendre responsable ou faire une corrélation, et de plus j’étais la dernière venue.

On me remercia gentiment, en me proposant des extras de temps en temps.

Bien que se faire virer n’est jamais agréable, je fus étrangement soulagée de la fin de cette expérience et optimiste quand au futur (j’avais de vraies références à rajouter dans mon cv, et ma compréhension de la langue et culture australienne s’était malgré tout grandement amélioré).

 

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